Conseils16 septembre 20265 min de lecture
À qui appartient votre site web ?
Domaine, hébergement, code, comptes Google : cinq clés qui décident si vous pouvez changer de prestataire. Comment vérifier ce que vous détenez, en dix minutes.
Le scénario revient plusieurs fois par an, et il commence toujours bien. Une entreprise fait faire son site. Le résultat lui plaît. Trois ou quatre ans passent. Puis le prestataire répond de moins en moins vite, ou change de métier, ou augmente ses tarifs de suivi.
L’entreprise décide de confier le site à quelqu’un d’autre. Elle demande les accès. Et là seulement, elle découvre ce qu’elle possède : souvent, pas grand-chose.
Ce n’est presque jamais de la malveillance. C’est un enchaînement de petites facilités du premier jour, dont personne n’a mesuré l’effet quatre ans plus tard.
Les cinq clés
Un site tient sur cinq choses distinctes. Elles peuvent appartenir à cinq personnes différentes, et c’est là que les ennuis commencent.
1. Le nom de domaine. L’adresse, votreentreprise.ch. C’est la clé maîtresse : celui qui la détient décide où pointe votre site, et vers qui partent vos e-mails. Un domaine enregistré au nom de l’agence est le point de blocage le plus fréquent et le plus coûteux.
2. L’hébergement. La machine qui sert les pages. Si le compte est au nom de l’agence, avec sa carte bancaire, vous ne pouvez ni le migrer ni même savoir ce qu’il coûte réellement.
3. Le code. Les fichiers qui composent le site. Sans eux, un repreneur ne peut pas modifier le site : il peut seulement le refaire.
4. Les contenus. Vos textes, vos photos, et l’accès à l’espace d’édition s’il en existe un. Une base de données que personne ne peut exporter est une base de données perdue.
5. Les comptes de mesure. La mesure d’audience, la fiche Google, la Search Console. Des années d’historique qui ne se reconstituent pas.
Vérifier ce que vous détenez, en dix minutes
Trois vérifications, à faire sans prévenir personne.
Le domaine. Pour un .ch, la recherche whois de nic.ch affiche le titulaire d’un domaine. Le nom qui s’y trouve est celui du propriétaire légal, quel que soit le contenu de votre contrat. Si ce n’est pas votre entreprise, c’est le premier point à corriger.
La messagerie et l’hébergement. Cherchez la facture. Si aucune facture d’hébergeur n’est jamais arrivée chez vous, le compte n’est pas à vous. Ce n’est pas grave en soi, tant que vous savez chez qui il est et que vous pouvez le récupérer.
Les comptes Google. Ouvrez la fiche Google de votre entreprise. Si vous ne pouvez pas la modifier avec votre propre adresse e-mail, quelqu’un d’autre en est le propriétaire. La fiche Google est souvent le premier contact entre vous et un client : ne pas y avoir accès est un vrai risque commercial.
Ce qui est normal, et ce qui ne l’est pas
Toutes les dépendances ne sont pas abusives. La distinction tient en une question : est-ce que je peux partir sans rien perdre ?
| Situation | Normal | Problème |
|---|---|---|
| L’agence gère l’hébergement | Oui, c’est un service | Le compte est à son nom et ne peut pas être transféré |
| L’agence a enregistré le domaine | Oui, au démarrage | Le titulaire est l’agence, pas vous |
| Le code est sur le serveur de l’agence | Oui, pendant le projet | Vous n’avez jamais reçu de copie |
| Le suivi est facturé mensuellement | Oui | L’arrêter rend le site inaccessible |
| L’agence tient les comptes Google | Oui, pour travailler | Vous n’y figurez pas comme propriétaire |
La ligne est nette : une agence peut tout gérer pour vous, à condition que vous puissiez tout reprendre. Un prestataire qui vous garde parce que vous ne pouvez pas partir vous garde mal, et il le sait.
Ce qu’il faut demander, et quand
Au démarrage, pas à la fin. C’est toute la différence : avant la signature, ces quatre points ne coûtent rien à mettre en place. Après le projet, ils deviennent un rapport de force.
À faire figurer par écrit, dans le devis ou le contrat :
- Le nom de domaine est enregistré au nom de votre entreprise, et vous détenez les identifiants du registraire.
- L’hébergement est sur un compte à votre nom, ou transférable sur simple demande.
- Le code source vous est remis, ou déposé sur un compte qui vous appartient.
- Vous êtes propriétaire des comptes de mesure et de la fiche Google. L’agence y est invitée comme administratrice, pas l’inverse.
Une clause de propriété intellectuelle claire complète le tout : le code écrit pour vous vous revient au paiement final. C’est ce que prévoient nos conditions générales, et c’est une question à poser à quiconque vous fait une offre.
Si vous êtes déjà bloqué
Ça se débloque, presque toujours, et rarement au tribunal.
Commencez par écrire, simplement et sans reproche, en demandant le transfert du domaine et la copie des fichiers. Beaucoup de blocages sont de l’inertie, pas du chantage : une demande écrite et datée suffit souvent.
Si le domaine est verrouillé, sachez qu’un .ch se transfère avec un code d’autorisation que le titulaire actuel doit fournir. Si le titulaire est l’agence, vous dépendez d’elle. Si le titulaire est votre entreprise mais que l’agence est seulement « contact technique », vous pouvez agir directement auprès du registraire.
Dans le pire des cas, il reste la solution coûteuse mais définitive : reprendre un domaine voisin ou refaire le site ailleurs. Avant d’en arriver là, faites évaluer ce qui est récupérable. Sur les reprises qu’on nous confie, une partie du contenu est presque toujours réutilisable, et les redirections permettent de sauver le référencement accumulé.
Comment nous travaillons
Nous enregistrons le domaine à votre nom, sur votre compte. Le code, les accès et les données vous reviennent intégralement. Le suivi est une prestation qui s’arrête quand vous le décidez, et rien ne cesse de fonctionner le jour où vous l’arrêtez.
Ce n’est pas une générosité : c’est la seule position tenable. Une agence qui doit garder ses clients par la technique finira par les garder mal.
Vous ne savez pas au nom de qui est votre domaine ? Envoyez-nous son adresse, nous vous le dirons, même si vous n’avez aucun projet avec nous.